Portrait« Héritières de la BD » dans Le Monde (1/6). C’est grâce à la veuve de Cabu, victime de l’attentat de « Charlie Hebdo » le 7 janvier 2015, qu’un musée consacré à l’œuvre du dessinateur de presse a ouvert à Châlons-en-Champagne, en 2018. Déambulations en « Cabusie » au côté de cette femme pudique. Un article de Frédéric Potet.
Châlons-sur-Marne, évidemment. Où, mieux qu’ici, trouver la trace de Cabu ? La ville a été rebaptisée Châlons-en-Champagne en 1997, mais rien n’a fondamentalement changé : Châlons reste Châlons, et Cabu son égérie à lunettes rondes et coupe au bol. Le dessinateur y est né, le 13 janvier 1938. Il y est enterré depuis son assassinat, le 7 janvier 2015, dans l’attentat contre Charlie Hebdo. Déposés sur sa tombe, des pots remplis de crayons rappellent son attachement viscéral au trait – expressif et relâché était le sien.
Cette spontanéité graphique s’apprécie également, non loin, à la Duduchothèque, un des rares musées consacrés à un dessinateur de presse. Logé dans une bâtisse du XIXe siècle, l’endroit célèbre le lien indéfectible entre le créateur du Grand Duduche et la ville de sa jeunesse. Son ouverture, en 2018, doit tout à sa femme, Véronique Cabut – avec un « t » à la fin, comme dans le patronyme de son époux, Jean Cabut. Ce musée municipal accueille 5 000 élèves chaque année pour des actions de médiation autour de la laïcité ou la liberté d’expression, si chères à Cabu.

Photos d’Édouard Caupeil pour Le Monde


France Inter | Revue de presse de Jean-Philippe Balasse (21 juillet)
On a commencé cette revue de presse avec le Louvre, on la termine avec un autre musée particulier. Connaissez-vous la Duduchothèque, située à Châlons-en-Champagne, dans la Marne, qui tire son nom du grand Duduche, l’éternel étudiant un peu cancre et utopiste ? Personnage créé par Cabu, Jean de son prénom, l’enfant du pays, c’est là qu’il est né, là aussi qu’il est enterré. C’est sur le site du Monde que je découvre ce lieu aussi attachant qu’émouvant, un peu comme lui finalement. Les traces, la plume du formidable dessinateur qui fut parmi les victimes de l’attentat de Charlie Hebdo en 2015. « Parce qu’il n’était pas possible de rester sans rien faire. » Les mots simples de Véronique Cabu, sa veuve, femme discrète, pudique, mais bien décidée à perpétuer la mémoire de son artiste de mari. Il a fallu faire un peu d’ordre, de rangement dans les dizaines de milliers de dessins laissés par Cabu, le rangement n’était pas son fort. N’empêche que le musée existe, son accès est gratuit, c’est important, chaque année il accueille 5 000 élèves pour parler laïcité et liberté d’expression. Sur la tombe de Cabu, il y a, paraît-il, des pots remplis de crayons.
